Lacs de Bella Comba : l’Italie à portée de pas !

La période automnale commence à s’installer et transforme le paysage alpin. Les couleurs changent doucement et décorent magnifiquement les montagnes.

Quoi de mieux pour dire au revoir à la Montagne qui se fera bientôt dévorer par la neige et se rendra inaccessible, que de s’y glisser le temps de quelques heures, loin de tout, dans un coin exceptionnel !

La particularité de cette sortie ? Elle commence en France, bascule en Italie et croise des dizaines de Lacs plus beaux, plus bleus, plus colorés les uns que les autres. Cette balade est d’une beauté époustouflante, un régal visuel, un paradis terrestre. Encore une fois, la montagne a tellement de belles choses à nous faire découvrir. Chaque endroit est différent. Chaque endroit est source d’une profonde émotion.

Accès : à partir de Ste-Foy-Tarentaise, quittez la D902 pour la D84 en direction de la Masure. Ensuite, abandonnez cette départementale pour une chouette route de montagne : étroite et sinueuse ! Passez par le village du Miroir puis prendre la direction du Crot et enfin de la Savonne où vous garerez la voiture au Parking Pierre Giret. La route goudronnée s’arrête ici de toute façon.

Pour information, je doute fortement que les camping-cars où fourgons aménagés puissent monter jusque-là. En effet, au niveau du hameau du Crot, la route est très étroite et les toits proches de la route. Je pense que ce n’est pas assez large ! N’allez pas esquinter votre gîte mobile ! Moi, je n’y monterai pas avec mon Van !

Cartes : Pour ce tour, la carte IGN ne suffira pas ! En plus d’avoir la TOP25 3532ET, il va falloir s’équiper de la carte Italienne ! Bien sûr, ce n’est pas non plus fondamental quand on connait un peu le coin mais ça s’avère nécessaire pour les non locaux ! Moi, pour ce tour, ne connaissant pas encore la partie italienne, je m’étais équipée de la Carta del sentieri 1:25000 La Thuile Haute Tarentaise/1. L’éditeur de cette carte est l’Escursionista. Je l’ai achetée au U Culture de Bourg Saint Maurice où d’autres cartes du même éditeur y sont disponibles. Je vous les recommande vivement. Le format est plus petit que les IGN et très pratique.

 

12 Septembre 2019, 8h15 : je suis garée chez le Pierrot Giret (1700m). Cette fois j’ai fait la route le matin même dû à…une envie du matin de faire cette balade. En me levant, j’ai aperçu par la fenêtre la météo bien bien favorable : un ciel bleu sans la moindre perturbation nuageuse. J’ai pas hésité une seconde. J’ai avalé rapidement mon p’tit déj, mis un short et un t-shirt puis fourré de la bouffe et de l’eau dans mon sac. J’pense que c’est le moment de jouer la carte de cette sortie ! Et vous allez bien vite le comprendre et attendre impatiemment l’occasion d’y aller !

Je rejoins le sentier montant qui commence immédiatement au bout du parking en direction du nord. Très rapidement, j’arrive à un carrefour. Grosse décision à prendre. Dans quel sens je fais le tour…. J’y avais bien sûr réfléchi avant et choisi de continuer vers le Nord (chemin de gauche) afin de débuter par la zone comportant des segments inconnus de mes pieds. C’est mieux d’y aller avec un esprit éveillé et vif ! Même si le tour n’est surement pas très long, on ne sait jamais ! Quand on est seule en montagne, on prend ses précautions !

Du coup, je m’engage dans le vallon de Pantaval, le long d’un torrent. Minuscule, je passe sous le regard de la Pointe d’Averne (2554m), du Bec Rouge (2515m), de la Roche de la Jaille (2573m) et de la Pointe de la Grande Imbasse (2458m).

Le chemin, relativement plat au début, se venge au bout d’un bon kilomètre en s’élevant intensément. Le changement d’effort augmente ma fréquence cardiaque mais celle-ci, rapidement, s’adapte à ce nouveau rythme. Le pouvoir du corps humain !

La sente change de direction et vire vers le Nord-Ouest. Le premier col est en vue : le Col du Retour (2419m). Mais il n’est pas seul ! Je décide de m’écarter du parcours prévu pour trouver à peine quelques mètres plus loin, son lac éponyme : le Lac du Retour. Il ouvre une magnifique vue sur la Tarentaise et la Vanoise. Sa couleur est magnifique en ce début septembre.

Je reviens sur mes pas jusqu’au Col du Retour puis reprends le chemin. Je pars au Nord en direction du Passage de la Louïe Blanche (2524m). Le sentier pour rallier cette étape est roulant et ouvre un merveilleux panoramique sur les massifs Franco-Italiens à l’Est.

A la Louïe Blanche, la vue s’ouvre également plein Ouest et je perçois la station de la Rosière. D’ici, il est possible de regagner la station par le chemin descendant abruptement dans la moraine plein ouest.

Pour l’heure, je mets le cap au nord-est en direction du Col de la Louïe Blanche, à la frontière avec l’Italie. La sente n’existe pas sur la carte IGN. Seule la trace ski de rando y est représentée. Ça veut en effet en dire long… Si vous manquez un peu de sens de l’orientation ou avez des difficultés à lire et apprécier les cartes, prenez un guide avec vous !

Au début, le chemin est très bien visible au sol. Très vite, il s’efface dans le paysage où moraine et alpage se battent. Des cairns ont été bâtis pour nous guider ! Cependant, parfois, de longs moments passent sans en voir. Mais, instinctivement, le chemin à suivre se devine. Savoir lire une carte et comprendre ses reliefs est primordial ! Avec ces connaissances, le Col s’atteint sans gros problème.

Après quelques moments de brefs doutes et de jardinage, j’arrive au Col de la Louïe Blanche (2567m). Enfin je pense ! En effet, j’arrive à l’altitude attendue mais rien ne l’indique, pas même un piquet, un cairn ou même la représentation physique d’un col. Celui-ci est plat et large, comme un énorme Altiport. Je me résous à me dire que j’y suis en percevant, côté italien, une petite sente descendante dans la moraine accompagnée de nombreux cairns. Je viens de terminer la montée, je devine une descente ensuite, c’est le Col !

Y’a pas photos, les italiens, sur ce tour, sont meilleurs pour le balisage ! Je descends le chemin bien repérable au sol et ponctué de cairns très régulièrement. Je croise une vieille baraque de carabiniers surement chargée d’histoire mais malheureusement inconnue de ma mémoire. Juste après l’avoir passée, longeant un petit torrent, je découvre au loin un des lacs que je suis venue voir : les Lacs de Bella Comba (2377m). On pourrait faire les français et dire Belle Combe mais c’est vachement moins stylé.

Pouahh. Je n’ai plus d’idée d’adjectifs pour décrire ce tableau. Les images suffiront. J’espère réellement que vous aurez l’occasion de vous y rendre pour vivre l’instant en direct !

Lac de Bella Comba

Je passe un petit moment assise sur un rocher à contempler ce cadeau de la nature. Les minutes passent, mon émerveillement ne s’éteint pas. Je me fais violence pour m’arracher à ce délicieux paysage. Par chance, le sentier surplombe les lacs en rive droite de tout leur long, rallongeant le plaisir de les contempler.

Au fur et à mesure de ma progression, j’ai la belle surprise de percevoir le Mont Blanc jaillir droit devant moi, au Nord. Journée riche en décor !

En longeant le Lac. Vue sur Mont Blanc.

Le temps est venu de carrément tourner le dos aux lacs et au Mont Blanc. Je grimpe dans la caillasse en direction du Col du Tachuy (2673m). Je rejoins avant d’autres lacs cartes postales. Il y en a partout ! Au col, je me retourne et redécouvre tous ces lacs ensembles, exceptés ceux de Bella Comba, trop bas pour les apercevoir. La chaîne du Mont Blanc complète merveilleusement la toile. Le ciel bleu assène la touche finale !

Col du Tachuy

A partir de là, je connais le chemin par cœur. Pour les connaisseurs du blog, un article à son sujet est déjà en ligne ! Mais c’est avec plaisir que je vais réécrire sur ce trajet de retour.

Je descends en direction du Lac du Petit (2400m). Descente casse quadriceps, c’est raide ! Mais c’est beau. Donc ça va ! Le sentier est des plus clair. Après le lac, il descend en rive droite du ruisseau du Petit. Il y a un petit passage câblé mais ne présente vraiment aucune difficulté. Je ne m’en sers jamais. Au son du ruisseau, la balade court vers sa fin. La flore a complètement réintégré l’espace.

Au bout de deux petits kilomètres, je regagne un grand plateau sur lequel reposent le Refuge du Ruitor (2000m) ainsi que les vieilles ruines du hameau d’autrefois de la Sassière.

Il est très courant de croiser sur ce plateau des troupeaux de moutons gardés par des Patous ou Berger d’Anatolie. Grande peureuse de ce genre de bêtes, je peux vous assurer que j’y vais sans aucune trouille. Les Patous sont toujours dans les enclos tandis que les Berger d’Anatolie vagabondent souvent en liberté mais sans la moindre attention pour nous. Bien sûr, il ne faut pas aller les chatouiller ou les provoquer, soyons logiques et raisonnés. Je n’ai jamais eu un seul problème. De plus, j’ai toujours eu la merveilleuse surprise de voir le berger où quelqu’un du coin dans les environs. A chaque fois, j’y pénètre en totale confiance et n’ai pas la moindre appréhension.

Le plateau peut paraître plutôt long à traverser si vous en avez marre en fin de sortie mais raccrochez-vous au paysage ! Le Sommet du Louprama, le Glacier de l’Inverne, le Becca du Lac…et le magnifique torrent de la Sassière à votre gauche vous sortiront de votre lassitude et raviveront la petite lumière dans votre esprit !

Au bout de deux kilomètres, le chemin (large et carrossable) redescend doucement sur le point de départ. Je retrouve le carrefour du début, regarde avec nostalgie la vallée empruntée il y a quelques heures et plonge dans l’ultime descente me ramenant au parking.

La tête pleine d’images féeriques, je mets un terme à la sortie en répétant ce geste devenu un automatisme : l’arrêt de ma montre.

L’écran affiche le bilan de l’échappée belle : 18km pour 1330d+. J’évoluais à un rythme assez tranquille, trottinant uniquement en descente, le reste du temps en adoptant une marche relativement rapide. J’ai mis au total 4 heures pour boucler ce circuit !

Comme d’habitude, je vous laisse cliquer ici pour découvrir la vidéo Relive du parcours et pour accéder à ma sortie Strava !

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