Tour des Aiguilles Rouges

Itinéraire non officiel et personnalisé ! Emprunté dans le sens anti-horaire simplement pour m’adapter aux conditions météorologiques du jour : le but est de parcourir la zone la plus « hostile » et offrant le moins de possibilité de replis et d’abris en premier compte tenu des orages annoncés pour la mi­-journée. Et puis aussi, le début offre une mise en jambe assez cool. Le vallon est très roulant et permet de se chauffer aisément !

Le départ est donné juste en dessous du Col des Montets, au niveau du parking situé à 1429m, au-dessus de Tré le Champ le Haut côté Argentière.

Ensuite, on suit le Nord vers le village des Montets mais on bifurque juste avant d’y arriver (1367m) en traversant le ruisseau sur une petite passerelle, au Nord-Ouest, en direction de la Poya.

A partir de la Poya, on plonge dans le Vallon de Bérard, en pleine la forêt, sur le GRP du Tour du Pays du Mont Blanc, commençant par la rive droite des Eaux de Bérard puis rive gauche après avoir dépasser la Buvette de Bérard dans le Plan des Bois (1507m).

Le sentier reste très roulant mais parsemé de cailloux. Difficile de quitter des yeux le sentier ! Cependant, il devient moins technique à la sortie de la forêt, vers les 1700m d’altitude.

La vue sur le Massif des Aiguilles Rouges se dégage enfin ! Et ça claque pas mal il faut dire. On perçoit au loin le Refuge de la Pierre à Bérard (1969m), le prochain check point. Il est facile de trotter sur toute cette portion jusqu’au début de l’ascension pour le refuge à 1850m environ.

Les randonneurs n’ont pas encore quitté le Refuge, ça me laisse champ libre là-haut, trop bien ! Perfect timing comme toujours.

Un point d’eau est disponible au Refuge pour se recharger. Ne crachez pas dessus, y’a pas tant de sources ensuite !

Direction le Col de Salenton, point le plus haut de ce tour, à 2526m d’altitude. Le chemin part au début vers le Nord pour ensuite former des lacets au-dessus du Refuge. Le chemin est plus ou moins clair au sol mais facilement repérable grâce aux cairns et piquets tout le long. Aucune chance de se tromper.

Comme présagé depuis le Vallon, on quitte la terre et l’herbe pour la moraine. En ce début de mois de juillet, quelques névés traînent encore à partir de 2400m mais sans gros danger. Néanmoins, pour les personnes non expérimentées, je vous conseille vivement une paire de crampons où sinon de partir plus tard pour avoir une neige molle et non partiellement gelée. La glissade n’est pas très importante et ne vous enverra pas dans le ravin mais mieux vaut éviter la frayeur.

Malgré la neige, l’itinéraire est toujours très visible grâce aux piquets, et, quand bien même, le Col est apparent donc, au pire, créez votre chemin tout en étant prudent sur les rochers.

Sur cette ascension, vous aurez la chance de voir des bouquetins de très très prés. Ouvrez bien les yeux !

L’affreux !
Vallon de Bérard

Ça y est, on est au Col ! J’ai la chance d’être accueillie par un groupe de petits chamois non effrayés par ma présence, même intrigués. Au col, entre l’Aiguille de Salenton et l’Aiguille de Bérard, la vue sur les deux vallées est magnifique.

Col de Salenton

L’heure de la première descente a sonné ! Direction les Chalets de Villy (1885m), toujours par le TMB. Et ça commence par une descente à ski sur un névé, le pied ! Transition trail 50m plus bas dans la moraine puis retour très rapide à l’alpage, avec les moutons et les chèvres !

Ces premiers 400m de dénivelés négatifs sont assez casse fibres musculaires. Ensuite, on arrive sur un replat descendant vraiment cool sur plusieurs kilomètres. On dépasse les Chalets de Villy puis ceux d’Ecuelle (1900m) pour regrimper brièvement de 130d+ jusqu’au Collet d’Ecuelle (2027m).

Vallon de Villy

Après ce collet, un magnifique sommet se dresse face à vous, plein ouest, la Pointe d’Anterne (2733m). On plonge dans sa direction pour rejoindre le Refuge de Moëde Anterne (2002m).

Faites le plein d’eau au Refuge parce qu’après, vous ne trouverez plus d’eau pendant bien longtemps, j’en ai fais la douloureuse expérience. Le prochain point d’eau est à 15km de là environ… Vous croiserez des rivières au début jusqu’au Col du Brévent mais après plus rien !

Anterne

Après le Refuge, on quitte le TMB pour prendre une variante passant pas les Fonds de Moëde. On prend la direction, plein sud puis sud-est, par la piste, des Chalets de Moëde. On retrouve rapidement une petite sente dans le vallon bien vert. On descend sur le Pont d’Arlevé (1597m), passant en rive gauche du torrent de la Diosaz, et on rentame pour une longue ascension vers le Col du Brévent (2368m).

C’est, pour moi, la plus belle portion de ce tour. Déjà parce qu’il monte. Mais aussi parce-que le chemin d’ascension est magnifique. Il forme un sublime balcon. Et que dire du Col…de la récompense de l’effort fourni… Y’a pas de mots. Pour la première fois sur Strava, je n’ai mis qu’une photo de ma sortie, chose jamais arrivée, vous comprendrez pourquoi !

Ainsi, après une bonne grimpette finale, on arrive au Col du Brévent…et on se retrouve face au Mont Blanc, à l’Aiguille du Midi, enfin face au Massif tout entier. Si proche et si loin à la fois. Le tableau est fou. Compte-tenu du risque orageux, je ne m’attarde malheureusement pas trop, la route est encore assez longue.

Chemin d’ascension du Brévent
Col du Brévent

Je redescends sur l’aire de décollage des Parapentes, au sommet su télésiège de la Parsa, à Planpraz.

De là, je retrouve le TMB officiel et prends la direction de la Flégère. Et c’est la que j’me goure dans l’itinéraire. Je m’en rendrai compte qu’au sommet de mon détour…ça arrive !

Au lieu de suivre le TMB par une piste très roulante, je m’élève vers le Col du Lac Cornu. A une patte d’oie, j’ai pas fait gaffe et je suis partie trop à gauche. Je m’en rends compte au sommet du télésiège du Cornu et par chance, un chemin redescend directement sur le TMB par la Montagne de Charlanoz. 300m de dénivelé en plus ou en moins, qu’est ce que ça change ici…c’est trop beau. Mais ça accentue ma déshydratation…j’suis à sec depuis le Brévent et y’a rien. Force mentale activée, j’ai pas soif j’ai pas soif.

Le chemin est assez roulant pour remonter à La Flégère mais je ne cours plus à cause du manque de flotte. Et puis j’ai la tête qui a la fâcheuse tendance à être tournée en permanence à droite pour regarder la vue pas ouf.

L’heure du sauvetage a sonné. Je vois le Refuge de la Flégère (1877m). Regain d’énergie, j’accélère le pas ! Eau à foison. Corps rempli d’eau ainsi que mes flasques, je suis prête à repartir.

Je commence tout de même à accuser un peu le coup et choisi de modifier la fin de mon itinéraire. L’ultime ascension vers le Lac Blanc (2352m) ne se fera pas. Mon petit détour et le dessèchement m’ont entamé. Tant pis ce sera pour la prochaine fois. Mais si vous suivez mon itinéraire initial, ne vous trompez pas après le Brévent et allez au Lac, la vue sur les Aiguilles Rouges est dingue.

Ainsi, je passe par la Chavanne, suis le Grand Balcon Sud, passe par les Chalets des Cheserys (1998m), la Tête aux Vents (2133m), les Deviets (2065m) et attaque l’ultime descente sur mon point de départ. Elle pète les jambes d’ailleurs celle-ci. Heureusement y’a que 600m de dénivelé à descendre.

Le parking de départ est rapidement visible, ce qui est bien motivant !

C’est ainsi que 8h30 plus tard et après 43,5 kilomètres et 2822m de dénivelé positif, je suis de retour à mon point de départ. Quel intérêt franchement…? Peut être celui de l’effort, de l’évasion, de la contemplation…je ne sais pas mais en tout cas, après ça, qu’est ce qu’on est bien.

Allez, venez ressentir les mêmes sensations. Sur un ou plusieurs jours, faites ce tour. Évadez-vous un peu de ce monde.

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