Lac du Goléon – Un Bivouac face à la Meije

Le lac du Goléon, ou l’endroit idéal pour goûter au plaisir du bivouac dans un environnement sublime.

C’est en Oisans, sur la trace de mes aïeuls, que j’ai moi-même pour la première fois expérimenté ce fabuleux privilège : dormir face à la Meije, au bord d’un lac reflétant son parfait reflet, entouré de la nature, dans un silence sauvage apaisant. Cette nuit-là, avec mon frère, nous étions les plus heureux du monde. La tente était montée, mais elle n’accueillit que nos sac, nos corps ayant préférés s’étendre sur l’herbe fraîche, pour contempler les étoiles et ancrer chaque détail de ce paysage dans nos mémoires.

Les souvenirs de cette nuit restent intactes, chaque instant, depuis le début de l’ascension jusqu’au retour le lendemain continue d’exister et de vivre dans un coin de ma mémoire, dessinant chaque fois un sourire sur le coin de mon visage à leur évocation. C’était il y a trois ans. J’ai l’impression que c’était hier.

Vallée des Hières depuis le Goléon

Revenons en au lac avant que je parte dans un hymne d’amour à la montagne !  Alors, pourquoi est-ce un lieu idéal pour un premier bivouac ?

Premièrement, le temps de marche pour y accéder est assez court. Pour les plus aguerris, une bonne heure suffira, sinon, en moyenne, l’ascension n’excède pas les trois heures. Avantage non négligeable quand on a pour la première fois le poids de tout le matériel de survie sur le dos. Surtout que, ne nous leurrons pas, si c’est votre premier bivouac, votre sac comportera bon nombre d’objets futiles. Pas de honte, c’est comme ça qu’on découvre ce qui est nécessaire ! Et c’est comme ça que vous comprendrez que vous avez oublié des choses fondamentales. Oui oui, la frontale aurait été plus utile que cette énième boîte de pâté. Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas emmener beaucoup de nourriture mais simplement qu’à partir du moment où vous pouvez tenir 10 jours alors qu’une seule nuit est prévue, la question des éventuels aléas doit être reconsidérée…

Mais pas de panique ! L’autre avantage de ce lieu : un refuge se situe juste à côté ! En saison j’entends bien par contre ! Oui, je sais, en montagne, nous recherchons l’isolement et l’écartement de tout signe de civilisation mais pour une première expérience, la présence de ce petit tas de pierre (qui est en fait un énorme chalet), me paraît nécessaire.

Et pour finir, le paysage constitue à lui seul un argument valable pour y passer une nuit. Les images parlent d’elles même et tenter de mettre des mots sur les émotions ressenties est vain. C’est indicible.

C’est pas le tout, mais comment on y va dans ce paradis ?

Il va falloir pour cela vous rendre dans le département des Hautes-Alpes (05), aux Hières (1784m), un petit hameau situé sur les hauteurs de La Grave. Vous pouvez vous garer dans la petite ruelle descendant sur la droite juste après le panneau d’entrée dans le village, jouxtant le cimetière.

C’est aussi possible de continuer sur un bon kilomètre en voiture et se garer à Pré Rond (1860m), la où la voie carrossable disparaît. Je ne vous le recommande pas forcément car les croisements sont difficiles sur ce chemin et je trouve agréable le début de marche à partir des Hières, permettant de commencer tranquillement tout en découvrant de très beaux paysages et la magnifique architecture des petits hameaux de Valfroide et Pramailler.

Ainsi, au départ des Hières, à partir du cimetière, remontez dans le village, arpentez les petites ruelles afin de regagner le chemin carrossable plus haut. Des panneaux directionnels vous attendent au sommet du hameau. Valfroide y est indiqué, ainsi que le Goléon. Le chemin carrossable s’élève tout doucement, environ 80d+ sur un peu plus d’un kilomètre et demi. Au Plot, vous croiserez les dernières habitations inhabitées.

Ensuite, vous vous dirigerez légèrement sur la gauche, direction nord-est, en rive droite du torrent du Maurian. Vous traverserez l’alpage pour ensuite retrouver la caillasse si chère à l’Oisans.

Le paysage est marqué par les travaux hydroélectriques réalisés au cours des dernières années, et toujours actuellement. Un petit point noir dans ce si beau coin.

Le sentier de montée est totalement visible d’ici, à 1900m d’altitude. Il s’élève brutalement 500m plus loin, mais sans grosse difficulté. De petits points roses/oranges de balisage peuvent vous guider. Mais franchement, il n’y a qu’un sentier et le lac est l’unique lieu accessible dans cette direction. D’autres le sont au delà bien sur, mais il est le premier a être atteint.

Après de multiples lacets, 720m de dénivelé positif et environ 5km depuis le départ, vous arriverez face à ce merveilleux lac, dos à la Meije, à 2454m d’altitude.

Décor féerique. Panorama fascinant : l’Aiguille du Goléon (3427m), la face Nord de la Meije (3983m) et du Rateau (3803m), l’Aiguille Méridionale d’Arves (3514m), l’Aiguille d’Argentière (3237m), la Pointe Salvador (3202m), le Pic des Trois Evêchés (3116m)…

Panorama sur le Lac, depuis le Bivouac
Dos au lac et à la Meije, au loin, Arves, Lombard, Salvador…

Liberté à vous quant au choix de l’emplacement de votre bivouac. Cependant, je vous conseille vivement de descendre vers le lac et de vous installer en face, afin de profiter de la plus belle couleur du lac, et des merveilleuses images qu’il vous renverra.

L’itinéraire de descente s’effectue par le même chemin. Si vous souhaitez rallonger le lendemain, vous pouvez vous enfoncer un peu plus loin dans la vallée derrière le Lac, en direction de l’Ancien Refuge Carraud (bâti à même le rocher), du Col Lombard ou du Glacier du Goléon.

Le lendemain, profitez en également pour visiter les magnifiques villages du Chazelet et des Terrasses, classés parmi les plus beaux de France. Faites marcher les petits commerçants ! L’épicerie d’Anne-Marie au Chazelet est certes, pauvre en choix mais comporte l’essentiel. Elle est riche d’humanité et de simplicité.

Munissez vous d’un bon compagnon pour la tente !
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