Et si on faisait le Tour du Beaufortain ? – Etape 1 : Queige -> Presset

Juin est là. On a hâte de retrouver notre montagne et ses sentiers. L’idée c’est donc de partir faire le tour du Beaufortain en vue du repérage du parcours pour ma course prochaine : l’Ultra Tour du Beaufortain.

On est en Juin, ça a du fondre, au pire on aura quelques passages dans la neige au dessus de 2000m c’est pas grave ! Comme nous sommes naïfs…

On échange donc sur Messenger les jours précédents avec Maxime et Adam, on fixe la date de départ au 11 Juin 2019 et la durée : trois jours.

On se retrouve donc la veille, le 10 Juin 2019 à Queige, au plan d’eau pour pouvoir partir tôt le lendemain et histoire de passer une soirée tranquillement ensemble avant. C’est aussi l’occasion pour moi de faire la connaissance d’Adam et de retrouver Maxime que j’ai pas vu depuis un peu de temps maintenant. On se retrouve donc vers 20h, au frais, sous la pluie! Ca annonce la couleur ! J’espère pas ! Heureusement qu’il y a un préau pour nous abriter. On casse une bonne croûte. Un bon sandwich au saumon fumé, une tarte poireaux emmental made in Aime La Plagne et ma Golden fétiche d’avant course.

Mon sac pour le lendemain est prêt. Je pars avec un Camelback 10l. En tout, dans mon sac j’ai :

  • 1.250l d’eau : 2×500 et 1×250
  • des barres comme s’il en pleuvait (pour 4jours, à raison de 3 par jour. donc 12 si les maths n’ont pas changé)
  • un stick à lèvre
  • des mouchoirs
  • 100balles et 2 chèques
  • Carte vitale
  • Savon hydroalcoolique
  • 1 buff
  • 1 paire de lunettes de soleil
  • 1 couverture de survie
  • 1 couteau
  • 1 t-shirt de rechange (bon celui là était dans le sac de Max)
  • 1 brassière (bon elle aussi était dans son sac…)
  • 1 paire de chaussette (et non ça c’était bien dans le mien!)
  • 1 culotte
  • de la Nok
  • 1 coupe vent imperméable
  • 1 brosse à dents
  • 1 paire de Yatrax
  • 1 batterie externe (+câble montre et téléphone)
  • 1 drap de sac
  • 1 carte IGN
  • 1 paire de gants
  • 1 paire de manchons
  • des chaufferettes
  • des lingettes désinfectantes
  • 1 PDJ lyophylisé
  • 1 repas lyophylisé
  • des pastilles de micropurs

Et sur moi : un short, un t-shirt, une veste, une paire de bâton, ma Garmin et mes Speedcross ! Parés pour l’attaque !

Bref, on termine le repas tranquillement et on ne tarde pas à se coucher parce que demain, c’est l’étape la plus longue et la plus intense qui nous attend en termes de dénivelé et de distance. Mais pas que, on avait aucune idée du chantier qui allait nous attendre. On a bien fait d’aller se coucher comme les poules. 22h, chacun rentre dans son coffre et roupille.

 

Etape 1 : Queige -> Refuge de Presset – 43km / 4000d+

Mercredi 12 Juin. Il est 6h du matin. La pluie tombe depuis deux heures environ. Mais au moment de quitter le lit de camp, tout s’arrête. Le Karma est avec nous. C’est forcément un signe ! On se retrouve là ou on s’est laissé hier, sous le préau pour petit déjeuner. Ou plutôt, je les attends pendant 20min le temps qu’ils émergent. Ca me va, j’aime bien petit déjeuner tranquillement au calme. Je tartine mon pain au miel très généreusement de mon miel made in Les Chapelles, mange ma banane et sirote ma briquette de lait. Je suis rejointe après par les garçons qui mangent à leur tour et puis ensuite on se prépare, on règle deux trois derniers détails comme le sac d’Adam qui décide de commencer à se déchirer. Faut dire qu’on dirait qu’il a fait 12 fois l’Everest avec ce sac. Quelques épingles à nourrice et c’est réparé ! On est fin prêts.

Il est 7h20, on jette un coup d’œil en arrière et sans aucun regret on quitte la civilisation. On est censé la retrouver dans trois jours. Je doute qu’elle me manquera !

Allez c’est parti ! Le temps c’est levé un petit peu, des parcelles de ciel bleu apparaissent. C’est le moment ! C’est un peu roulant au début mais ça se met à grimper très vite sur un bon 1500m de d+. L’occasion de profiter de la levée de nuages et d’admirer les massifs environnants comme la chaîne des Aravis juste derrière.

Adam

Mais qui dit montée dit gain d’altitude. Et on sait que là-haut, il y a de la neige qui nous attend. Et il y en a probablement qui est retombée un peu cette nuit ! On savait qu’on aurait à traverser quelques passages enneigés, mais quand on s’est retrouvé face à ça, au bout de 7/8km, on a pris un peu peur ! On était pas forcément hyper rassurés mais à trois, on savait qu’on y arriverait ! Mais quand même, quelle quantité. Quelle épaisseur. On est en juin bon dieu ! Pourquoi ça fond pas ?

Et le pompon de ce début, c’est qu’en arrivant au niveau de la frontière chemin/neige, on se fait également engloutir dans le brouillard. On est donc à 2000m d’altitude, au pied de la Roche Pourrie, dans la neige, sans aucun repère au sol pour trouver les chemins ensevelis et sans aucun repère environnant pour voir dans quel sens on doit se diriger. Advienne que pourra. Heureusement, Adam l’a fait il y a deux ans et il a un bon instinct et une bonne mémoire visuelle ! D’ailleurs, jamais il ne se trompera et à chaque fois il nous mènera au bon endroit !

Mais c’est fou comme l’orientation est difficile lorsque les marques et panneaux sont enfouis sous la neige et que notre but, le col, n’est pas visible alors qu’il devrait l’être. Ca pimente !

On attaque donc la première partie délicate pour rejoindre le Col des Lacs (2247m). Pour cela, on a 250m de d+ à faire en balcon, sous le Pic de Vache Rouge et la Pointe de la Grande Journée. Une traversée non tracée bien sur, sur un bon kilomètre, avec pour seules traces, celles d’animaux et de skieurs de randonnée. Euh…y’a pas comme un problème les gars ? C’est pas la saison ? (Je précise du coup que sur l’ensemble de l’itinéraire de cette journée, aucun passage n’était tracé, tout comme aucune trace humaine ne se laissait percevoir).  On se lance donc sur les névés bien inclinés, où il n’y a pas intérêt à glisser. Le brouillard à la gentillesse de nous découvrir le bas de temps en temps pour nous rassurer. Adam et Max ont du tracer tout du long, l’un après l’autre quand ça devenait trop éprouvant pour l’un. Faire des marches quand évoluer en balcon devenait trop difficile et tendu. On a fait de belles conversions ! Merci d’avoir tracé les mecs et chapeau, j’avais pas le courage !

Après un bon bout de temps à se débattre dans la neige, on atteint le premier col, le Col des Lacs ! Naïvement, je me disais que peut-être, de l’autre côté, ça aurait fondu, Peut-être mieux exposé… QUENENI ! Nous surplombons un océan de neige. Le brouillard s’est un peu levé et nous pouvons voir à l’horizon, avec un peu de soleil et de ciel bleu cette magnifique étendue blanche. Au moins, on ira plus vite en descente comme il n’y a aucun chemin à suivre, ce sera de l’impro totale et aucune règle !

Le col des Lacs !

On se jette donc dans la face enneigée, devinant au loin que nous allions retrouver une chemin. On passe donc probablement sur plusieurs petits lacs sans le savoir. La sensation est royale. L’impression de voler dans cette neige qui porte bien, légèrement fondue et mouillée. Ca descend tout seul, sans douleur au moment des impacts. Que du plaisir. Un véritable régal dans ce paysage désertique et hivernal. C’est l’éclate avec les gars ! Ca nous donne l’occasion d’évacuer la pression de l’ascension précédente ou le dialogue avait légèrement disparu pour faire place à l’extrême concentration.

Rapidement, on retrouve un chemin, la verdure et le parfum de l’alpage. Le Beaufortain comme on le connait et comme on le cherchait. On descend à 1850m au niveau de Chalet du Soufflet ou on regagne ensuite un sentier de montée en direction du Col de la Bathie (1889m). On le perçoit au loin, sans aucune trace de neige. Parfait ! On en profite pour y aller en trottinant histoire de retrouver un petit rythme et de bonnes sensations.

De l’herbe !

Arrivés au col, on en profite pour s’asseoir sur des petits cailloux et manger un peu. Profiter de ce sol vert et dur ! La vue sur la Légette du Grand Mont (2366m) est brève, elle repart rapidement se cacher dans les nuages, tout comme nous qui nous faisons remanger par ceux-ci.

Allez on repart, on est pas des randonneurs ;). Direction le Refuge des Arolles (2000m) ! Ca commence par une petite descente. Descente qu’on fait beaucoup trop longtemps avant de se rendre compte qu’on aurait du prendre un chemin à droite qui montait. Chemin loupé parce que nous avons retrouvé la neige ! Heureusement, Adam se rend compte rapidement au bout de 200m que y’a un blème. On remonte un peu et on retrouve le chemin bien pentu et bien plein de névés qui nous est destiné. On reprend la même organisation. Ils tracent. Je suis. Et dans un moment d’inattention, je glisse, tombe et pars. Moment d’incompréhension dans ma glissade mais heureusement on est dans de petits bois et je m’accroche aux troncs. Stoppée ! En fait je n’aurai glissé que sur 3m mais ça fait peur quand ça part ! Ma seule préoccupation après avoir réussi à stopper ma glissade est de retrouver mes bâtons ! Ouf, Maxime les a ! Les gars n’osent pas rire après que je me sois relevée. Oh no problemo tout va bien ! Ils ne me connaissent pas encore assez pour savoir qu’ils peuvent se foutre de moi sans problème haha ! Bon, remis de nos émotions on repart et nous atteignons le Refuge. Désert. Mais une source d’eau nous attend. Parfait ! On remplit nos flasques.

Maintenant, direction le Refuge de l’Alpage (1983m). Pour cela on remonte un peu dans la montagne, à 2000m, au Lac Tournant. Enfin à la patinoire quoi. On y arrive sans trop de soucis directionnel. Les traces faites par les mecs sont toujours aussi bien taillées donc ça passe bien ! Au lac, on traverse un joli pont de neige au dessus du Ruisseau du Grand Mont. Petit coup d’adrénaline pour moi. “Vous êtes sur que ça va pas péter ???”. Et bien…ça n’a pas cédé !

Après le lac, agréable surprise ! Des cairns sortent leurs têtes de la neige. Trop cool ! On s’élance joyeusement ! En plus ça descend donc on lâche tout. Mais emportés par notre bonheur de voler dans la neige et d’avoir des cairns à suivre, on se retrouve rapidement à avoir trop descendu le “chemin” et à ne plus trouver aucun cairn. On devine seulement qu’on marche sur de la caillasse et qu’on doit se trouver sur des éboulis. On doit remonter sur le sentier qui faisait normalement comme un balcon après le lac et donc qui ne devait pas descendre… Encore une fois, heureusement qu’Adam connaissait et savait qu’il fallait remonter, parce que moi j’étais partie pour continuer la descente jusqu’au bout. Je me serai surement retrouvée à Arêches… Bref, il faut donc qu’on retrouve le chemin. Pour ça, on décide de couper droit dans le pentu plutôt que de revenir sur nos pas. Dans tous les cas il faudra chercher le chemin. Pas facile quand on voit pas 20m au dessus. On se retrouve donc à grimper dans les arbres à myrtilles. C’est tellement pentu qu’il n’y a plus de neige. Faut voir le positif, une galère à la fois. On jardine 30 bonnes minutes dans ce mur et quel bonheur d’entendre Maxime : “Chemin en vue !” Enfin plutôt “Marque en vue”. C’est ça le bonheur.

Allez ça y est, on est au Refuge de l’Alpage. On sort de la neige et des nuages et on se retrouve sur les pistes de ski alpin du Planay. Evidemment, on se trompe de piste, comme toujours quand on est sur des sites alpins en été. On s’en rend compte au bout de 500m, manque de réactivité. On remonte donc au Refuge et là on prend le bon chemin. Chemin pour descendre au lac de St Guérin (1563m). Il n’y a pas un bout de neige ! Ca nous fait bizarre ce contact avec le sol. On connaissait plus ces sensations. La descente est technique et glissante jusqu’au lac. Comble : j’aurai préféré qu’il y ait de la neige !

On arrive rapidement au lac et c’est ici que l’on voit les premières personnes de la journée. Assez étrange. Ils sont tranquillement en train de faire des tours de lac, au sec, avec leur voiture garée à 500m.

Nous, nous sommes au kilomètre 29. On a déjà fait un bon 3000m de d+. Nous avons les pieds trempés depuis 7h ce matin. Il est dans les environs de 15h. On appelle le gardien du Refuge de Presset ou nous sommes attendus pour l’informer qu’il nous reste encore au moins 4h avant d’arriver. Léger décalage !

On se pose au bord du lac sur une table pour manger un peu. On est en dessous des nuages, ils stagnent à 2100/2200m.

Retrouver le vrai sol

L’heure de repartir est là. On commence à rêver d’être au refuge confortablement. En plus, nous sommes les seuls attendus ce soir. Nous pourrons être totalement à nos aises ! On repart donc pour 400m de d+ en direction du Cormet d’Arêches (2070m) ou nous pourrons reprendre de l’eau au Refuge de la Coire juste à côté. La fontaine est bien là, l’eau fraiche aussi. Comment rendre des gens heureux !

Comment les rendre moins heureux ? Voir que la montée au Col du Coin (2398m) est enneigée au bout de 100d+ au dessus de la Coire. Et qu’en plus, le col n’est plus visible car il baigne dans les nuages à partir de 2200m. Allez, ça nous fait pas peur vu tout ce qu’on a traversé déjà ! Encore une fois nous sommes naïfs haha !

On profite du chemin au maximum avant de basculer dans la neige à tout jamais (on ne la quittera pas jusqu’à Presset…). On pénètre dans le brouillard. Ou est le col ? On est obligé de faire appel à Google Maps pour avoir l’orientation. On va donc dré dans l’pentu en direction du sens pointé par Google. Sachez que ca passage est déjà raide en été avec le sentier. Et bien avec la neige parfois mixée à de la gadoue c’est une horreur. On met les mains pour monter. On est assez hésitant sur ce passage. Le moral étant attaqué depuis tôt ce matin, la lucidité n’est pas forcément très présente. On ne réfléchit pas trop, on va tout droit. On tombera forcément sur un sommet de toute façon. C’est ce qui arrive. On se retrouve sur une arrête. Avec l’altimètre on remarque que nous sommes 50m trop haut par rapport au col. On longe donc l’arrête entre névés, petit bout de terre et congère. Je suis donc les mecs courageusement dans cet enfer. A un moment, nous avons un passage difficile où j’en ai un à ma droite qui tente de passer par le névés mais qui se fait peur en glissant un peu vers le bas. Il réussit tout de même à passer tant bien que mal. Et à ma gauche, j’ai l’autre qui se met à califourchon sur la congère et qui fait du tobogan. Lequel je suis ?? J’ai choisi le tobogan ! En fait de mon angle de vue ça semblait dangereux ne sachant pas ce qu’il y avait à sa gauche. En montant dessus, j’ai bien vu qu’il n’y avait aucun danger.

Bref, après toute cette galère, on se retrouve enfin au vrai Col du Coin. On le reconnait avec Adam. Il ne manque que le panneau encore engloutit sous la neige. C’est dire l’épaisseur qu’il reste… Bon cool. Pour la descente, c’est que de la neige. C’est vraiment bien raide. Heureusement qu’on connait en été et que l’on sait qu’on peut se lancer sur les fesses sans soucis, il n’y aura aucun danger. C’est Adam qui se lance d’un coup en luge et disparait complétement dans le brouillard. “Et oh, ça va ? Tu nous entends ?”. “Ouais c’est bon venez j’vous attends”. Ni une ni deux, on se regarde avec Max et on se lance pour une bonne descente sur un bon 50m de d-. On retrouve Adam et on se lance dans le vallon où c’est bien roulant et où la neige porte bien. On ne sait pas trop si l’on est du côté du Lac d’Amour ou du Chalet du coin mais on trace ! De toute façon, faut borner un peu avant de prendre à droite en direction de la dernière ascension du jour : le Col de Bresson (2469m). En plus, miracle, on retrouve un peu de visibilité et même des panneaux directionnels ! Dont celui pour débuter l’ascension ! Que demande le peuple ! On a presque envie de pleurer ! Enfin moi oui.

Toute notre traversée. Au loin dans les nuages, le Col du Coin
La partie déneigée vers le Lac de Roselend, où l’on en va pas…

Mais avant de rejoindre le début de la montée, un magnifique torrent nous barre la route. Joli débit ! Heureusement il y a une zone plus calme et douce mais profonde… Max part un peu plus haut pour voir si l’on peut passer par le pont de neige, que je trouve un peu fin quand même. Dans ma tête c’est “foutu pour foutu, on est trempés, on va pas rester là à réfléchir 150ans, j’y vais!”. Je fonce dans l’eau, jusqu’à mi-mollet et traverse. C’est frais en effet mais pas pire que ça ! Les gars n’ont pas d’autres choix que de me suivre après ! Ils me rejoignent et on se pose 5min sur un bout de terre déneigé pour que nos pieds se réchauffent un peu.

Petite pause avant la dernière ascension

On ne se refroidit pas plus le haut du corps et on fonce vers le col, tout droit comme d’hab, pas trop le choix, en total hors piste. Il est 18h. Max nous fait gentillement et courageusement la trace jusqu’en haut. Adam en a déjà tracé pas mal depuis le matin ça commence à être dur. Il garde le rôle de l’aiguilleur en nous indiquant quelle direction emprunter. Les sommets se sont découverts et nous aident à nous diriger. Heureusement qu’Adam ne m’écoute pas à ce moment là sinon nous serions dans de beaux draps, à escalader l’Aiguille du Lac (2749m). Bref, je me tais et suis les hommes à l’allure d’une retraité. C’est pas physiquement que ça pêche, c’est psychologiquement : toute cette neige brassées depuis ce matin, ces névés exposés, cette adrénaline, cette concentration constante. Mais à aucun moment les regrets apparaissent, au contraire. C’est dur mais c’est fantastique.

On lutte une petite heure, Max apperçoit le sommet, enfin le cairn. “Il est la !!!”. Le bonheur ressenti lui fait oublier de se concentrer sur ses pas. Il s’enfonce donc d’un coup jusqu’au genou dans la neige ! Excellent à voir quand ça ne nous arrive pas. On rigole bien et on rejoint le cairn et donc le Col de Bresson. Au loin, on aperçoit dans une perçée de nuages, le Refuge de Presset (2504m). Le symbole de cette fin de première longue et intense étape.

Dernière ascension !

Mais bon, avant de parler de la fin de l’étape, au temps rallier le Refuge ! Ca n’en sera que mieux. Il nous reste une belle traversée en balcon à faire, 100% névés, sur environ 500m. Quel kiff ! Mais bon ça va, la neige est toujours bonne et permet de faire de belles marches. Encore une fois, pas intérêt à glisser. Non pas que ce soit dangereux, on ne se fera pas mal. Mais il faudrait remonter…

La traversée se passe très bien, sans problème. Mes traceurs bossent toujours aussi bien même à la fin d’une journée de 12h. On arrive au Refuge. Enfin. Que c’est bon. On s’assoit sur les marches histoire de souffler un peu. De relâcher la pression. D’y être arrivé. Que ça fait du bien. Cette sensation d’accomplissement après une journée éprouvante. Cette sensation d’être totalement en sécurité et la fierté d’y être arrivés ensemble. La reconnaissance des efforts fournis par mes coéquipiers pour atteindre notre objectif du jour. Mais également un vide, un épuisement psychologique. Aujourd’hui, je serai allée au delà de ce que je pensais être capable de faire. Moi qui, dès que je marche sur la neige, même si elle est très peu en dévers, fais demi-tour la plupart du temps. Grâce à mes deux loustics, j’ai su aller bien au-delà sans trembler ni ressentir la moindre peur tout le long. Une grande étape de franchie pour moi !

Allez, fini l’introspection et la philosophie d’après sortie. Assez passés de temps dehors aujourd’hui, rentrons dans ce refuge ! A peine le pas de la porte passé qu’une merveilleuse odeur de cuisine et de poêle nous monte au nez. Qu’il fait bon… C’est si bon de se retrouver dans un lieu si accueillant et chaleureux après avoir passé une journée dehors dans des lieux plus ou moins hospitaliers. On retrouve l’aide gardien, Seb, seul dans ce grand refuge, qui nous accueille souriant. Nous sommes bien privilégiés ce soir.

On se débarasse de nos chaussures et chaussettes trempés que l’on pose près du poêle et nous fourrons nos pieds dans les traditionnels crocs ! On file vite sous la douche. Il y en a deux. Les mecs y courent. Merci les gentlemen ! Je patienterai c’est pas grave, j’vais discuter avec notre ami Seb, autochtone du coin ! Une fois les mecs douchés, je prends mon tour. Wahh ça fait du bien. Des vêtements secs… C’est donc ça le bonheur ? C’est pas grand chose. Je sors et rejoins le groupe. J’accroche mes vêtements au dessus du poêle et on se commande une tournée de bière. Bon on en fera deux de tournées. On les a bien méritées non ? En plus elles sont bonnes leurs pressions.

Santé !

Autour d’un succulent repas, on se repasse le film de la journée. On est gâté par Seb : soupe maison, spaghettis aux champignons et lards (de Savoie), beaufort de 2017 (bien goûtu!) et poires au chocolat. Le ventre est plein. Bien plein.

Ca commence à être dur pour moi, je dors éveillé depuis le fromage. Allons nous coucher. Je ne me fais pas prier pour aller au lit. Je saute dans mon sac à viande après avoir escaladé l’échelle jusqu’à ma couchette, m’enroule dans la couverture et ronfle comme jamais (propos recueillis le lendemain par Max…). Déso les gars ! Mais après 12h dehors, j’contrôle plus rien !

A bientôt pour l’étape 2 de notre périple…

Cliquez ici pour découvrir le tracé Strava de notre première journée.

 

 

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